LE MARDI À MONOPRIX
THEATRE DE L’INTIME // SEUL EN SCÈNE //
SYNOPSIS
Chaque mardi, Marie-Pierre prend le train pour épauler son père veuf, enfermé dans sa propre solitude : le ménage, la lessive, le repas… Un rituel intime porté par l’amour inconditionnel qu’elle a pour lui, malgré le mur d’incommunicabilité qui les sépare. Puis vient l’épreuve centrale, le passage obligé : le Monoprix.
Dans les rayons du supermarché se déchaîne alors une spirale étouffante. Les regards en coin qui jugent, les paroles gênées, l’hostilité ambiante des inconnus et la surdité d’un père qui s’obstine à ne voir en elle que le fils disparu. Au cœur de cette confrontation à la normativité et aux discriminations de genre, tout s’entrechoque et s’accélère.
Par une adresse directe au public, Marie-Pierre nous embarque de façon organique dans sa traversée, sans jamais nous laisser à distance. On ressent avec elle la brutalité des étiquettes et la suffocation face au jugement. Mais par-dessus tout, on éprouve sa dignité tenace, sa volonté farouche d’exister et la beauté lumineuse du sourire de cette femme qui refuse de renoncer.

DISTRIBUTION
Texte : Emmanuel Darley
Mise en scène : Raphaël Magnin
Jeu : Damien Debonnaire et Juliette Ditsch
Conception de la marionnette : Alice Delarue
Création et régie lumière : Valentin Moreau
Création et régie son : Cédric Carboni
Diffusion : Sabine Renard
EXTRAIT
« Passé du temps sans revenir chez moi dans cette ville où seul désormais il est. Chez moi je dis. Malgré tout ce temps échappé. Je dis Chez moi quand je m’en vais chez lui. Je pourrais même dire Je reviens chez moi. J’ai vécu longtemps là dans cette ville. C’est la ville où j’ai longtemps vécu du temps où j’étais enfant. Certains même ici se souviennent de moi de moi enfant s’entend. Je me souviens du jour où telle quelle je suis venue me présenter à eux. Elle et lui. Les deux vivant encore pas simplement lui avec sa solitude. Je me souviens de ce jour. La première fois que l’on arrive changée comme ça transformée là telle quelle c’est quelque chose de passer des rues et des lieux qu’avant on connaissait. Tout qui vous regarde les gens les murs les pierres. On est dévisagé. Non. Dévisagé c’est pour le visage non juste le visage ? Tête aux pieds là plutôt on dirait. Regardée en tous sens retournée secouée pour trouver sans doute le quelque chose là qui cloche. Toujours été telle quelle mais bon à l’intérieur alors désormais ceux d’ici à me reluquer les contours ceux qui d’avant me connaissaient. A tenter rebâtir. Elle et lui assis côte à côte à la table de la salle à manger quand je suis telle quelle pour la première fois entrée elle comme abasourdie lui de suite levé et passé dans la pièce à côté c’est la cuisine qui est là à côté. La porte dans mon dos claquée sur lui refermée et nous deux toutes les deux à demeurer dans le silence. Quoi dire quels mots dire pour faire comme si de rien. Peut-être qu’alors je dis Voilà. Et que Oui elle répond. Je reste un bon moment un moment qui semble durer mais est-ce que vraiment ça dure et puis je m’en vais sur mes talons nouveaux vacillante. »
ILS NOUS ONT ACCUEILLIS
- Espace Senghor, Le May sur Evre (49),
- Centre Jean Carmet, Mûrs Erigné (49), dans le cadre de Région en scène
- L’Avant Scène, Laval (53), dans le cadre du Chainon Manquant
SOUTIENS
- Département de Loire Atlantique
- Ville de Nantes
ACCUEIL EN RESIDENCE
- Espace Senghor, Mays sur Evre
- Espace Coeurs en scène, Rouans
- Théatre Francine Vasse, Nantes





